Catégorie : Littérature adulte

  • L’amour moderne

    L’amour moderne

    Louis-Henri De La Rochefoucauld

    Edité en août 2025 chez Robert Laffont , 249 pages

    Résumé :

    Qu’est-ce que l’amour ? La célébrité, le pouvoir et la richesse rendent-ils vraiment heureux ? Est-il encore possible d’aimer au XXIème siècle ?

    Voici les questions qu’aborde ce roman au travers l’histoire d’Albane et de Yvan dans le XVIème arrondissement parisien.

     Yvan ne se remet pas de la mort de son ami d’enfance lorsqu’il a été assassiné par son père à 9 ans. Rien ne laissait ne laissait présager d’un tel drame dans cette famille bourgeoise si paisible.

    Albane croyait au prince charmant lorsqu’elle s’est mariée avec le célèbre producteur Hugo Michel. Mais elle va vite se rendre compte que son mari devenu possessif et violent n’a qu’un désir de contrôle sur elle et elle apprend à ses dépends que ce n’est pas de l’amour. Arrivera-t-elle à s’extraire de cette cage dorée dans laquelle l’a enfermé Hugo ? Trouvera-t-elle un jour le véritable amour ?

    Avis :

    Personnellement, je n’ai pas été très sensible aux jeux de pouvoir et aux préoccupations de la bourgeoisie parisienne. Je n’ai pas trouvé ce roman particulièrement enrichissant ,je trouve que l’auteur enfonce pas mal de portes ouvertes.

  • La maison vide

    La maison vide

    Laurent Mauvignier (Août 2025)

    Edition de Minuit (752 pages)

    Résumé

    En 1976 , le père de l’auteur décide de rouvrir la maison familiale à La Bassée dans le Nord, celle-ci est restée inhabitée depuis 20 ans. Cette visite fait resurgir de nombreux souvenirs d’enfance à l’auteur et l’invite à reconstituer et comprendre l’histoire si sombre de ses ancêtres et le poids de cet héritage sur sa propre vie.

    Laurent remonte jusqu’à son arrière-arrière-grand-mère qui vivait dans la première moitié du 20ème siècle.  Nous suivons la vie difficile de 3 générations de femmes « Marie-Jeanne » la mère blasée et rigide, « Marie Ernestine » la musicienne amoureuse contrariée et « Marguerite » la petite fille mal aimée un peu trop libre pour son époque . Cet ouvrage aborde la condition des femmes dans la première moitié du 20ème siècle. Souvent victimes du patriarcat, de violences conjugales dans le cadre de mariages arrangés, des ravages de la guerre sur les hommes et de la morale catholique bien tenace. Ce n’est pourtant pas une œuvre féministe. Les femmes sont souvent victimes mais peuvent aussi faire preuve de cruauté envers leurs pairs dans une logique de transmission .

    Mon avis

    Encore une saga familiale, me direz-vous. Il y en a eu beaucoup cette année ! Mais celle-ci sort du lot et mérite vraiment son prix littéraire. Laurent Mauvignier tente de combler les non-dits et les secrets de famille par son interprétation des faits au regard des événements historiques et de la psychologie des personnages. Il s’agit là d’une vraie réflexion sur le devoir de mémoire de la famille et des tabous liés à la morale de l’époque. L’écriture proustienne de l’auteur nous décrit avec poésie et précision la naissance et l’évolution des sentiments des personnages avec toutes leurs contradictions. Son écriture très descriptive et basée sur l’introspection des personnages reste cependant très dynamique et vivante car elle sait nous tenir en haleine avec de nombreux dialogues et de nombreuses péripéties. Un ouvrage volumineux mais qui se lit très vite. La maison pourrait aussi figurer parmi les personnages de l’histoire car témoin des bonheurs et des horreurs d’une famille. Elle reste immuable dans le temps tandis que des générations d’hommes ne font qu’y passer.

    Citations

    Autres ouvrages de Laurent Mauvignier :

  • Trencadis de Caroline Deyns (2020) chez Quidam

    Trencadis de Caroline Deyns (2020) chez Quidam

    Résumé

    L’autrice propose de retracer la vie de Niki de Saint Phalle, artiste engagée et torturée des années 1960 par le biais de différents témoignages dont celui de Niki elle-même.

    Mon avis

    Par son style très composite Caroline Deyns a voulu, tel un trencadis (mosaïque catalane), partir de la vie chaotique de l’artiste pour aller vers une brillante composition porteuse de sens. Il est difficile de classer cette œuvre car elle mêle plusieurs voix, du récit, des témoignages et des calligrammes. A la manière de Niki faisant saigner ses peintures avec sa carabine, l’autrice avec sa plume, mêle des métaphores percutantes avec une syntaxe parfois minimaliste, ce qui peut être déroutant. Mais n’était-ce pas le projet de Niki de nous sortir des sentiers battus avec ses tableaux dégoulinants de peinture, ses statues plantureuses et parfois provocantes et son jardin des tarots.

    Très bien documentée, Caroline Deyns décrit avec style le cheminement intérieur de l’artiste. En effet, celle-ci éprouva beaucoup de colère contre la société, contre l’art et contre les hommes comprenant son père incestueux. En se réalisant à travers son art avec l’aide de son mari Jean Tinguely, elle réussit à exorciser ses démons pour enfin trouver l’apaisement. Cet ouvrage rend véritablement hommage à l’artiste qui a sû faire de sa vie dissolue une œuvre majeure pleine de vie, de rire et de mouvement.

    Citations de Niki de Saint Phalle

    “J’imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations.”

    “En tirant sur moi, je tirais sur la société et ses injustices. En tirant sur ma propre violence, je tirais sur la violence du temps. ”

    “J’ai eu la chance de rencontrer l’art parce que j’avais, sur un plan psychique, tout ce qu’il fallait pour devenir une terroriste. ”

    “Nous avons bien le Black Power, alors pourquoi pas le Nana Power ? Le communisme et le capitalisme ont échoué. Je pense que le temps est venu d’une nouvelle société matriarcale. ”

    « J’aime le rond.
    J’aime le rond, les courbes, l’ondulation,
    le monde est rond, le monde est un sein.
    Je n’aime pas l’angle droit, il me fait peur. »

    « J’ai appris à travers mon art à apprivoiser les choses qui m’effraie ».