
Catégorie : Littérature adulte
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Si c’est un homme
Auteur : Primo Lévi (1947 chez Pocket)


Résumé :
Primo Lévi, résistant italien vivant à Turin raconte, dans une autobiographie, comment il a été arrêté par les nazis et déporté au camp de concentration d’Auschwitz en 1944.Il décrit avec réalisme et philosophie des conditions de vie atroce des prisonniers.
Mon avis :
Il s’agit de l’un des tout premiers témoignages historiques de l’holocauste et probablement l’un des plus fidèle et poignant. Primo Lévi décrit la déshumanisation progressive des prisonniers orchestrée par l’Allemagne Nazie. Mais il décrit aussi le combat de certains hommes pour garder une once d’humanité et de dignité morale et physique dans ce chaos. L’œuvre de Primo Lévi restera une œuvre majeure dans la littérature du 20-ème siècle car elle reste intemporelle. En effet, elle évoque, au-delà du récit raconté à la première personne, des valeurs universelles telles que l’humanité, la fraternité et l’égalité entre les hommes. Enfin, ce que j’apprécie particulièrement dans cette œuvre est qu’il n’y a de jugement tranché sur le bien et le mal ni de parti pris pour tel ou tel camps. Des hommes vils existent dans les deux camps ,la survie de l’homme ne l’oblige-t-il pas à modifier ou renoncer à ses valeurs ?
Citation de Primo Lévi : poème liminaire de l’œuvre
«
Si c’est un homme
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous. »
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La chambre des officiers
Marc Dugain
Edité en 1998 chez JC Lattès, 172 pages


Résumé :
Adrien est un jeune Ingénieur et officier de 25 ans, séduisant et amoureux. Il est appelé au front au début de l’année 1914.Sévèrement blessé au visage par un éclat d’obus, il est transporté à l’hôpital de grâce dans la chambre des officiers. Lui et ses compagnons au visage défiguré, enchainent les opérations dans de grandes souffrances. Les chirurgiens œuvrent ardemment pour qu’ils retrouvent leurs fonctions vitales et une image plus acceptable par la société.
Avis :
Je trouve que cet ouvrage mérite vraiment ces nombreux prix littéraires ! L’auteur raconte avec réalisme, froideur et humour les horreurs de la guerre. Les personnages sont merveilleux malgré leur difformité. Ils sont un bel exemple courage, de résilience, de stoïcisme et de solidarité. Les anciens combattants aideront les blessés nouvellement arrivés à aimer la vie malgré tout. Ce qui les rendra finalement peut-être plus humains et heureux que leurs congénères épargnés par la guerre. Une belle leçon de vie, une ode à l’épicurisme.
Citation p159 du livre
« En ce genre d’occasion, notre petite communauté dégageait une joie de vivre qui surprenait ceux qui avait toute leur bouche pour rire. Nous buvions, mangions et fumions plus que de raison. Mais surtout, nous éprouvions ce sentiment d’extrême liberté qui est l’apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image et qui ont retiré du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance, cette distance avec ce qui rend l’homme si petit et étriqué. »
Autres ouvrages du même auteur :


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S’aimer enfin !
Auteur : Christophe Fauré
Editeur : Albin Michel (février2018) 208 p


Résumé :
Chacun d’entre nous aspire à donner du sens à sa vie. Pour retrouver l’essentiel. Pour être heureux, tout simplement.
Un jour, Christophe Fauré a tout quitté pour se trouver. Il était psychiatre, il est devenu moine bouddhiste… avant de redevenir psychiatre, avec un autre regard, une autre vision sur sa vie et sur ce qu’il souhaitait en faire.
Fort de cette expérience qui l’a fait renaître au monde et à lui-même, il nous livre les enseignements de son cheminement, en partageant de grandes questions existentielles : comment être en harmonie avec nous-même ? Installer le spirituel au cœur de notre quotidien ?
Dans ce récit initiatique, Christophe Fauré évoque en filigrane sa dépression d’enfant, ses tourments face à la maladie et à la mort, ainsi que les voies qui l’ont guidé vers l’apaisement. Il nous invite à un puissant voyage intérieur et à une authentique rencontre avec nous-mêmes, afin de nous accepter tels que nous sommes et vivre pleinement notre existence. (Babélio)Mon Avis :
Pas besoin d’être bouddhiste pour apprécier cet ouvrage ! Tout le monde peut tirer profit de l’expérience de l’auteur d’autant plus qu’il donne de nombreux exemple concrets de sa vie et de celle de ses anciens patients. Selon lui, le destin nous invite parfois à partir en retraite pour mieux se retrouver, se reconnecter à l’essence de la vie, pour mieux s’aimer afin de pouvoir mieux s’ouvrir à l’autre. Son expérience, très enrichissante , lui a permis de reprendre son métier-passion avec plus de sens et de sérénité.
Citations issues de l’ouvrage :
« Je me sens aujourd’hui plus fort car je suis plus fragile qu’autrefois, plus armé car désarmé, plus aidant pour autrui car dépossédé de ma névrose à vouloir exister en sauvant la terre entière. Plus conscient de ma vulnérabilité, je crois avoir ainsi davantage conscience de celle d’autrui.»
Autres ouvrages de l’auteur :





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Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans.
Auteur : Christophe Fauré
Editeur : Albin Michel (février 2011 et 224 pages)
Public : à partir de 40 ans

Résumé :
Le but de la vie de l’être humain n’est-il pas la quête du bonheur ? La première moitié de notre vie, nous pensons avoir fait le nécessaire pour y arriver ; des études, un bon job, un bon salaire, un mariage, des enfants, une belle maison, une belle voiture, des voyages et de nombreux amis.
Pourtant, arrivé vers 40-50 ans, la plupart des gens ne sont pas entièrement satisfaits de leur vie et ne comprennent pas pourquoi il sont malheureux ou frustrés.
Christophe Fauré, à travers son ouvrage, nous explique qu’il s’agit là d’une transition de vie essentielle et que cette étape est nécessaire pour atteindre le véritable bonheur.
Psychiatre et thérapeute en maison de repos, l’auteur accompagnait ses patients dans le deuil et dans la fin de vie. Arrivé en milieu de vie, il décide de partir 2 ans dans une école de bouddhisme et d’apprendre la méditation et la spiritualité. Fort de ces nouveaux apprentissages et de ces connaissances en psychologie positive (notamment celle de Yung ) il décide d’écrire de nombreux ouvrages sur les transitions de vie.
Dans cet essai, il aborde les différents aspects concernés par cette phase charnière du milieu de vie : le rapport au corps qui se transforme, la relation du couple qui évolue en fonction des aspirations de chacun, la relations avec nos enfants qui grandissent, avec nos parents qui vieillissent, à notre conscience du temps qui passe et à la réalisation de soi dans son travail et dans sa vie.
J’aime beaucoup cet ouvrage de développement personnel car Il donne des exemples très concrets de la vie de ses patients dans lesquels chacun peut s’y reconnaître. Christophe Fauré nous aide au travers ces expérience à enfin devenir la personne que l’on aspire à être : authentique, affranchie des pensées limitantes et du regard des autres. Une vraie quête du bonheur et de la liberté.
Citation :
« Le mal-être que nous pouvons ressentir au milieu de notre vie est paradoxalement la meilleure chose qui puisse nous arriver : il signe le fait que nous sommes en relation directe avec une partie extrêmement saine de nous-même. Une dimension de notre être qui nous convie à plus de complétude ». Christophe Fauré.
D’autres ouvrages du même auteur :





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L’amour moderne
Louis-Henri De La Rochefoucauld
Edité en août 2025 chez Robert Laffont , 249 pages

Résumé :
Qu’est-ce que l’amour ? La célébrité, le pouvoir et la richesse rendent-ils vraiment heureux ? Est-il encore possible d’aimer au XXIème siècle ?
Voici les questions qu’aborde ce roman au travers l’histoire d’Albane et de Yvan dans le XVIème arrondissement parisien.
Yvan ne se remet pas de la mort de son ami d’enfance lorsqu’il a été assassiné par son père à 9 ans. Rien ne laissait ne laissait présager d’un tel drame dans cette famille bourgeoise si paisible.
Albane croyait au prince charmant lorsqu’elle s’est mariée avec le célèbre producteur Hugo Michel. Mais elle va vite se rendre compte que son mari devenu possessif et violent n’a qu’un désir de contrôle sur elle et elle apprend à ses dépends que ce n’est pas de l’amour. Arrivera-t-elle à s’extraire de cette cage dorée dans laquelle l’a enfermé Hugo ? Trouvera-t-elle un jour le véritable amour ?
Avis :
Personnellement, je n’ai pas été très sensible aux jeux de pouvoir et aux préoccupations de la bourgeoisie parisienne. Je n’ai pas trouvé ce roman particulièrement enrichissant ,je trouve que l’auteur enfonce pas mal de portes ouvertes.
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La maison vide


Laurent Mauvignier (Août 2025)
Edition de Minuit (752 pages)
Résumé
En 1976 , le père de l’auteur décide de rouvrir la maison familiale à La Bassée dans le Nord, celle-ci est restée inhabitée depuis 20 ans. Cette visite fait resurgir de nombreux souvenirs d’enfance à l’auteur et l’invite à reconstituer et comprendre l’histoire si sombre de ses ancêtres et le poids de cet héritage sur sa propre vie.
Laurent remonte jusqu’à son arrière-arrière-grand-mère qui vivait dans la première moitié du 20ème siècle. Nous suivons la vie difficile de 3 générations de femmes « Marie-Jeanne » la mère blasée et rigide, « Marie Ernestine » la musicienne amoureuse contrariée et « Marguerite » la petite fille mal aimée un peu trop libre pour son époque . Cet ouvrage aborde la condition des femmes dans la première moitié du 20ème siècle. Souvent victimes du patriarcat, de violences conjugales dans le cadre de mariages arrangés, des ravages de la guerre sur les hommes et de la morale catholique bien tenace. Ce n’est pourtant pas une œuvre féministe. Les femmes sont souvent victimes mais peuvent aussi faire preuve de cruauté envers leurs pairs dans une logique de transmission .
Mon avis
Encore une saga familiale, me direz-vous. Il y en a eu beaucoup cette année ! Mais celle-ci sort du lot et mérite vraiment son prix littéraire. Laurent Mauvignier tente de combler les non-dits et les secrets de famille par son interprétation des faits au regard des événements historiques et de la psychologie des personnages. Il s’agit là d’une vraie réflexion sur le devoir de mémoire de la famille et des tabous liés à la morale de l’époque. L’écriture proustienne de l’auteur nous décrit avec poésie et précision la naissance et l’évolution des sentiments des personnages avec toutes leurs contradictions. Son écriture très descriptive et basée sur l’introspection des personnages reste cependant très dynamique et vivante car elle sait nous tenir en haleine avec de nombreux dialogues et de nombreuses péripéties. Un ouvrage volumineux mais qui se lit très vite. La maison pourrait aussi figurer parmi les personnages de l’histoire car témoin des bonheurs et des horreurs d’une famille. Elle reste immuable dans le temps tandis que des générations d’hommes ne font qu’y passer.
Citations
« Le matin, l’air est doux, presque frais, baigné par des parfums de fleurs sauvages et par ceux de l’herbe coupée des fossés, mais aussi par la rosée et la lumière dorée et timide qui caresse la surface des champs et des arbres ; l’air est pur – fouillis bleu et jaune grêlé d’abeilles et d’insectes –, tout vibre, ici elle respire, tout le contraire des murs austères du couvent. »
« Ce monde, je pars de sa disparition pour le reconstituer, peut-être à l’aveugle, en prenant trop de libertés, mais avec la conviction que je le fais dans le bon sens, comme à partir d’un fémur fossilisé le squelette d’un animal préhistorique que personne n’a jamais vu. »
« Depuis qu’il possède, il découvre la peur de perdre.»
« La médiocrité se vexe assez vite des élans de la joie pure.»
Autres ouvrages de Laurent Mauvignier :




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Trencadis de Caroline Deyns (2020) chez Quidam

Résumé
L’autrice propose de retracer la vie de Niki de Saint Phalle, artiste engagée et torturée des années 1960 par le biais de différents témoignages dont celui de Niki elle-même.
Mon avis
Par son style très composite Caroline Deyns a voulu, tel un trencadis (mosaïque catalane), partir de la vie chaotique de l’artiste pour aller vers une brillante composition porteuse de sens. Il est difficile de classer cette œuvre car elle mêle plusieurs voix, du récit, des témoignages et des calligrammes. A la manière de Niki faisant saigner ses peintures avec sa carabine, l’autrice avec sa plume, mêle des métaphores percutantes avec une syntaxe parfois minimaliste, ce qui peut être déroutant. Mais n’était-ce pas le projet de Niki de nous sortir des sentiers battus avec ses tableaux dégoulinants de peinture, ses statues plantureuses et parfois provocantes et son jardin des tarots.
Très bien documentée, Caroline Deyns décrit avec style le cheminement intérieur de l’artiste. En effet, celle-ci éprouva beaucoup de colère contre la société, contre l’art et contre les hommes comprenant son père incestueux. En se réalisant à travers son art avec l’aide de son mari Jean Tinguely, elle réussit à exorciser ses démons pour enfin trouver l’apaisement. Cet ouvrage rend véritablement hommage à l’artiste qui a sû faire de sa vie dissolue une œuvre majeure pleine de vie, de rire et de mouvement.
Citations de Niki de Saint Phalle
« J’aime le rond.
J’aime le rond, les courbes, l’ondulation,
le monde est rond, le monde est un sein.
Je n’aime pas l’angle droit, il me fait peur. »« J’ai appris à travers mon art à apprivoiser les choses qui m’effraie ».





